En cours de rédaction
La loi de 1910 sur les retraites ouvrières et paysannes s'appliquait aux salariés dont le revenu annuel était inférieur à 5000 francs, la cotisation obligatoire annuelle étant de 9 francs pour les hommes et 6 francs pour les femmes.
La loi de 1930 contient les dispositions suivantes sur l'assurance vieillesse et l'assurance maladie. Elle concerne les salariés de l'industrie et du commerce en dessous d'un "plafond d'affiliation". La cotisation unique maladie et vieillesse est de 8% (4% employeur, 4% salarié). L'assurance vieillesse est une assurance par capitalisation. Les premières retraites ne devaient être servies qu'en 1960.
Les accords de Matignon ne comportent aucune mesure concernant la Securité Sociale : "personne n'y a pensé" dixit Léon Blum.
Citons quelques modifications:
1968. Création de 3 caisses séparées: CNAM (pour l'assurance maladie), CNAF (pour les allocations familiales), CNAV (pour l'assurance vieillesse).
1971. Loi "BOULIN": 150 trimestres de cotisation pour une retraite à taux plein
1972 Obligation de cotiser à un régime complémentaire
1983. Age légal de passage à la retraite porté à 60 ans.
Donnons d'abord quelques chiffres sur la situation actuelle (Questions-réponses sur les retraites, d'après La Documentation Française
Quel est l'âge légal de départ à la retraite en France ?
Pour la grande majorité des actifs (salariés des secteurs public et privé, artisans, industriels et commerçants, exploitants agricoles), il est fixé à 60 ans depuis le 1er avril 1983. En revanche, les membres des professions libérales et les ministres du culte partent à 65 ans. Il existe de nombreuses autres exceptions.
A quel âge part-on effectivement à la retraite ?
En 1997, les personnes âgées de 65 ans et plus avaient liquidé leur retraite à 61,8 ans en moyenne, mais de fortes disparités existent suivant le type de carrière effectuée, la catégorie socio-professionnelle et le sexe.
Combien la France compte-t-elle de retraités ?
En 2000, on en estimait le nombre à quelque 12,1 millions, dont 600 000 percevant uniquement une pension de réversion.
Combien touchent-ils en moyenne ?
En 1997, les retraités percevaient en moyenne 6 804 francs (1 037,30 euros) par personne et par mois. Là aussi, le type de carrière effectuée et le régime d'affiliation sont des facteurs de forte différenciation.
Quel est le poids des dépenses de retraite dans l'économie française ?
En 2000, le montant total des prestations des risques vieillesse-survie s'est établi à 1 159 milliards de francs (177 milliards d'euros), soit 44,2 % des dépenses de protection sociale et 12,6 % du PIB. Un ordre de grandeur qu'on peut comparer par exemple aux charges nettes inscrites au budget de l'État (1 228,5 milliards de francs, soit 187,3 milliards d'euros au titre de 2000).
Quelle est la proportion de personnes âgées par rapport à la population totale ?
Les personnes âgées de 65 ans et plus représentaient 16,2 % de la population française au 1er janvier 2002 (contre 12,8 % au 1er janvier 1985).
Si l'on examine à présent le rapport retraités/actifs, la situation est très variable selon les régimes, certains présentent déjà une situation très défavorable (mines, salariés agricoles, ouvriers de l'Etat et SNCF), tandis que pour d'autres (notamment la Fonction publique d'Etat), une nette dégradation est à prévoir dans les années à venir.
L'évolution démographique à prévoir est marquée par deux facteurs: (1) l'augmentation de la longévité (2) l'arrivée vers l'âge de la retraite de la génération née du "baby boom".
L'augmentation de la longévité est de 1 trimestre par an, en légère régression par rapport aux décades précédentes. Les projections donnent:
Espérance de vie à la naissance:
Année 1950: Hommes 63,4 Femmes 69,2
Année 2000: Hommes 76,2 Femmes 82,8
Année 2040: Hommes 80,9 Femmes 89,2
A âge de la retraite inchangé, Les génération nées en 1970 pourraient espérer une durée de retraite de 23 ans, plus du double de leurs ainés nés en 1910 (âge de la retraite de 65 ans). Autrement dit l'espérance de vie à 60 ans pour un homme passe de 19 ans en 2000 à 23 ans en 2030. [cf Charpin pp.46/47]
| Année | Population (en milliers) | 0-19 ans (en %) | 20-64-ans (en %) | > 64 ans (en %) | |
| 2000 | 58744 | 25,6 | 58,4 | 16,0 | |
| 2040 | 64468 | 20,6 | 51,5 | 29,2 |
Il est clair que ces prévisions démographiques sont sensibles à de nombreux facteurs (fertilité, immigration,...) mais les ordres de grandeur sont comparables entre les résultats de diverses projections malgré les différences sur les hypothèses.
Quelles ont été les réformes récentes adoptées par le gouvernement?
La loi du 22 juillet 1993 a opéré un durcissement des conditions d'accès à la retraite pour les salariés du secteur privé : à compter du 1er janvier 1994 et jusqu'au 1er janvier 2003, le nombre de trimestres validés exigibles pour liquider une pension à taux plein passe de 150 à 160 trimestres, tandis que la période de référence pour le calcul des pensions passe des dix aux vingt-cinq meilleures années de revenu d'activité, là aussi de façon progressive puisqu'elle n'entrera pleinement en application qu'au 1er janvier 2008. Ainsi, pour une liquidation en 2002, les conditions sont respectivement 159 trimestres et les 19 meilleures années.
Depuis lors, l'action des pouvoirs publics s'est portée vers l'épargne retraite (loi Thomas du 25 mars 1997, non entrée en application ; loi du 19 février 2001 sur les PPESV) et la constitution d'un fonds de réserve.
Que sont les plans partenariaux d'épargne salariale volontaire (PPESV) ?
Ces plans, qui viennent s'ajouter aux dispositifs d'épargne salariale déjà existants (participation, intéressement et plans d'épargne entreprise) constituent un outil d'épargne à long terme (dix ans, sauf déblocages anticipés exceptionnels) et sont créés et contrôlés par les partenaires sociaux au sein de chaque entreprise ou branche ou interentreprise. Ils sont alimentés à la fois par des versements des salariés et de l'employeur. La sortie se fait en capital.
Qu'est-ce que le Fonds de réserve pour les retraites ?
Institué par la loi de financement de la Sécurité sociale 1999, le Fonds est, depuis le 1er janvier 2002, un établissement public de l'État à caractère administratif.
Abondé par divers canaux (dont : fraction du solde du produit de la contribution sociale de solidarité à la charge des sociétés ; excédents de la Cnav ; part des encaissements au titre des prélèvements sociaux sur les revenus de placement et du patrimoine ; produit des redevances liées à l'utilisation des fréquences allouées aux réseaux de téléphonie mobile UMTS), il est voué à accumuler 152,4 milliards d'euros d'ici à 2020, lesquels seront reversés au régime général ainsi qu'à ceux des artisans et des commerçants et industriels, permettant ainsi de lisser dans le temps les conséquences financières du vieillissement démographique au sein de ces régimes. Le fiasco des redevances UMTS fait que le fonds s'éloigne complètement de ses objectifs.
Voyons maintenant les rapports établis à la demande du gouvernement.
En 1988 le gouvernement a chargé le Commisssariat au Plan d'établir un rapport apportant "un diagnostic aussi partagé que possible par les partenaires sociaux et les gestionnaires de différents régimes". Le rapport publié en 1999 connu sous le nom de rapport Charpin (le Commissaire au Plan) se termine par les avis des Organisations. On se rend compte que l'on est loin d'un consensus. En particulier le MEDEF se plaint que l'instauration de fonds de pension n'ait pas donner lieu à une étude approfondie.
Nous retiendrons cependant de ce rapport l'estimation souvent retenue comme ordre de grandeur: alors qu'actuellement il y a 4 retraités pour 10 actfs, en 2040 la proportion serait de 7 retraités pour 10 actifs.
Par décret du 10 mai 2000 un Conseil d’orientation des retraites a été créé auprès du Premier ministre. La mission de ce conseil est de " décrire la situation financière actuelle et les perspectives des différents régimes de retraite " en tenant compte des évolutions économiques, sociales et démographiques. Il doit aussi " apprécier les conditions requises pour assurer la viabilité financière à terme de ces régimes " et veiller à " la cohésion du système de retraite par répartition, en assurant la solidarité entre les régimes et le respect de l’équité, tant entre les retraités qu’entre les différentes générations". Il peut formuler des recommandations au Premier ministre auquel il remettra " au moins tous les deux ans " un rapport d’ensemble. Ce rapport sera communiqué au Parlement et rendu public.
Le COR a, le 6 décembre 2001, remis au Premier ministre son premier rapport, intitulé "Retraites : renouveler le contrat social entre les générations. Orientations et débats ". Celui-ci ne constitue pas en soi une suite de recommandations mais plutôt une clarification des objectifs d'une réforme (établissement d'un nouveau contrat social entre les générations, prise en compte de la situation des actifs âgés notamment) et l'esquisse des ajustements possibles (décalage de l'âge de cessation d'activité, adoption de modes de financements alternatifs dont le Fonds de réserve des retraites).
Passons au niveau européen
Précisons que dans l'Union Européenne, l'organisation et le financement des systèmes de protection sociale restent de la compétence des états membres. Mais les conséquences budgétaires des politiques menées par les états font l'objet d'une surveillance constante au nom du pacte de stabilité et de croissance, ceci notamment par les GOPE (Grandes orientations de politique économique). Ces dernières exercent une pression constante sur les états membres à se comformer aux prescriptions communautaires.
En février 2000 le Conseil des Ministres des Finances (ECOFIN) a publié un rapport sur l'impact du vieillissement sur les sytèmes de retraite. Ce rapport est une véritable escroquerie intellectuelle dans la mesure où grâce à un pseudo habillage scientifique, le rapport fait toujours les hypothèses les plus favorables (c'est à dire catastrophistes) pour établir sa thèse à savoir: il est nécessaire de limiter les systèmes par répartition au profit de dispositifs entièrement provisionnés (fonds de pension) et de dispositifs gérés de manière privée. En particulier il est fait l'hypothèse que les revenus et dépenses budgétaires autres que les retraites resteraient constants en pourcentage du PIB et que le déficit des régimes de retraite serait financé par la dette publique. Il n'est nul besion d'être un grand savant pour en déduire que la dette croîtra de manière exponentielle (200% du PIB pour "certains pays" !). Ce qui est grave c'est que ce rapport a été largement relayé par la presse et sert de caution à tous les discours neo-libéraux.
Parmi les publications donnant lieu à une critique de ces rapports citons:
Les retraites au péril du libéralisme par la Fondation Copernic,
Quel avenir pour les retraites par répartition? par Antoine Math (Revue de l'IRES n°36),
Le dossier Retraites de l'Association Attac.
L'équation fondamentale donne le taux de cotisation à appliquer aux revenus des actifs pour assurer les prestations des retraités:
Si on introduit les salaires moyens et les retraites moyennes:
on obtient:
Le quotient (RETRAITE MOYENNE / SALAIRE MOYEN) est une des mesures du " coefficient de remplacement" (dite coefficient de remplacement macroéconomique). Ce taux compare en gros le revenu des retraités avec le revenu des actifs pendant l'année considérée et est à opposer au taux de substitution qui compare le montant de la retraite la première année de la retraite avec le montant du salaire la dernière année d'activité (les dispositions de préretraite venant naturellement tout compliquer). Le quotient #RETRAITES / #ACTIFS est appelé coefficient de dépendance. On a donc encore:
En utilisant les équations précédentes, l'effet d'un passage à un coefficient de dépendance de 7/10 donnerait un taux de cotisation de 40% (en partant de 23% actuellement). Un calcul plus précis tenant compte des prélèvement applicables aux actifs et non aux retraités nous a amené à un taux de l'ordre de 38% pour une législation inchangée. Il est naturel de se poser la question de savoir quelles seraient le mesures qui peuvent limiter une telle augmention compte tenu du fait que le gouvernement peut être tenté de continuer la "politique des rustines" et appliquer des mesures paramétriques ne mettant pas en cause l'architecture du système mais chacune de ces mesures pouvant avoir des effets secondaires graves.
Une première solution est de laisser inchangé le taux de cotisation et de diminuer le taux de remplacement au prorata de l'augmentation du taux de dépendance, quitte à laisser les cotisants compléter leur retraite par une épargne individuelle ou des fonds de pension (Cf plus loin une critique des fonds de pension et de cette solution). Si nous ne tenons pas compte des ajustements paramétriques et de la variation de données exogènes c'est un passage du taux de cotisation de 25% à un taux de 40% qu'il faut réaliser sur une période de 40 ans. Une telle augmentation peut paraître insoutenable, surtout si on la traduit en termes de transferts budgétaires (les retraites vont plus que tripler! c'est 2.000 milliard de F qui seront nécessaires pour financer les retraites en 2040! tel est le discours des catastrophistes, discours qui est malheureusement dominant)
Nous reprenons ici la thèse de Michel Husson (Cf le livre de la fondation Copernic ou le dossier Retraites d'Attac ou encore le site personnel de M.Husson: hussonet.free.fr). Sous sa forme la plus simple, il s'agit de comparer l'augmentation anuelle à envisager soit 15%/40=0,375% à l'accroissement de la productivité du travail pour la quelle on peut prévoir une progression de 2%. Si la productivité du travail est répercutée sur les salaires c'est un prélèvement tout à fait acceptable
Il reste que'il ne faut pas oublier que ces taux de cotisation sont actuellement partagés entre l'employeur et l'employé et que toute augmentation des charges patronnales va à l'encontre des intentions proclamées par l'actuel gouvernement et que de plus la récupération des augmentations de productivité par les salariés se fait par à coups, souvent à la suite de conflits sociaux (grèves). Enfin, les augmentations de la productivité ne sont pas constantes d'un secteur à l'autre.
La position du MEDEF (ne pas augmenter les cotisations, mais cotiser à un fonds de pension pour compenser la diminution du taux de remplacement n'a aucune raison d'être plus soutenable que l'augmentation du taux de cotisation au régime général par répartition.
Le seul argument autre que politique en faveur des fonds de pension est que le rendement (intérêt rapporté) serait nettement supérieur au rendement de la retraite par répartition. On avance en général un rendement de l'ordre de 6% sur longue période alors que le rendement de la répartition est théoriquement égal au taux de croissance de la masse salariale.
Dans un système par capitalisation l'actif verse une cotisation à un organisme qui place l'argent reçu sur le matché financier et en contrepartie des gains qu'il réalise par ses opérations verse une rente ou un capital en fin de contrat (en principe à la date de la mise à la retraite). Voici les principale critiques à ce système:
(1) Sa mise en place présente des difficultés considérables: à l'instauration du système par capitalisation, les actifs ont à cotiser à la fois au système ancien par répartition (faute de quoi le versement des retraites serait menacé) et au nouveau système par capitalisation. De plus les retraites par réparttion ne pourront qu'être diminuées puisque le nombre de retraité augmentera. Aucun scenario plausible n'a été publié à ma connaissance par les apôtres du neo-libéralisme.
(2) On doit s'interroger sur les rendements financiers d'éventuels fonds de pension. Ceux-ci ne font que mutualiser les placements boursiers de leurs adhérents (moyennant du reste un comfortable taux de gestion, de l'ordre de 1,5% aux USA) Mais comment gagne-t-on de l'argent par des placements boursiers: d'une part par les plus values (vendre plus cher que l'on n'a acheté) et par les dividendes. Or il faut se rappeler que pour vendre une action à un certain prix, il faut trouver un acheteur à ce prix. Il faut bien comprendre que le raisonnement d'un individu qui a réalisé une plus value et qui s'exclame "si tout le monde avait fait comme moi, le problème des retraites serait résolu" est un raisonnement complètement fallacieux. Si tout le monde avait voulu acheté au prix où il a acheté, le prix aurait grimpé ( la bulle financière) et si tout le monde avait voulu vendre au prix où il a vendu le prix se serait effondré (le krach). Autrement dit si on groupe tous les investisseeurs en Bouse en un acteur unique "l'Investisseur" son gain est arithmétiqquement nul et même négatif (le montant perdu et jamais récupéré est la valeur des actions au moment de leur émission). Tout ce qui contrevient à cette arithmétique élémentaire (grâce à de nombreux artifices en particulier les "produits dérivés") n'est au jeu d'écritures relevant de l'économie virtuelle.
Reste évidemment les dividendes. Mais ceux-ci sont tellement sensibles à la conjoncture que toute prévision basée sur le passé est impossible. Le risque financier pour l'adhérent reste entier.
L'importance du risque financier a été prouvé par l'actuelle crise des marchés financiers et les scandales récents (Enron, Wordcom,...). Il peut être diminué par des règles prudentielles. Par exemple les fonds de pension allemands doivent obligatoirement garantir le remboursement éventuel des capitaux versés, c'est à dire au moins un rendemnt nul. Mais les banquiers allemands ont estimé que le coût de l'application de cette règle était de 3%! (Cf Lettre du CEPII n°201)
Si la sortie d'un fonds de pension se fait en rente le calcul du montant de la rente et son indexation posent des problèmes cruciaux. Pour des raisons faciles à comprendre les gestionnaires de fonds de pension sont passés progressivement de contrats à prestations définies à des contrats à cotisations définies. Dans ces conditions, le cotisant n'a aucune assurance concernant le montant de sa rente. Par ailleurs la rente est au plus indexée sur les prix, ce qui défavorise le rentier par rapport à une indexation par les salaires, les salaires augmentant normalement plus vite que les prix.
Si l'adhésion a un fonds de pension est obligatoire, l'Etat garde ses prérogatives. Sinon le fond de pension est soumis aux règles générale du commerce des services (AGCS). On se retrouve dans une situation proche de l'assurance-vie. En particulier le gestionnaire de fonds de pension pourra moduler la rente en fontion de caractéristiques propres au client (le client à risque est le client bien portant!). Il a à sa disposition les tables de mortalité (il existe des tables de mortalité pour les nonnes!) et en particulier tenir compte de la différence de longévité entre hommes et femmes.
Bornons-nous à citer deux sujets de réflexion ou d'étude sur lesquels nous espérons revenir:
(1) Entre 1980 et 1990 la part de la masse salariale dans le PIB a diminué de 10% Cette diminution est naturellement préjudicible aux salariés. Par ailleurs elle est surprenante. En effet des études que j'ai menée dans les années 1960 ont montré que la part salariale était une constante entre les économies et dans le temps, au point que certains économistes la considérait comme une constante universelle pour fonder leurs théories à l'instar des physiciens vis à vis de la vitesse de la lumière. Il me semble qu'il est futile de réclamer le rétablissement de la part salariale dans le PIB si l'on a aucune explication de la raison de sa diminution (c'est pourtant la première proposition de la Fondation Copernic!).
(2) Plusieurs études ont abordé le problème de la neutralité éventuelle des régimes de retraite sur la "santé" de l'économie. A ce jour je n'ai trouvé aucune synthèse sur ce sujet.
(3) Une controverse divise les économistes théoriciens relativement au chômage. Certains d'entre eux ont introduit la notion de chômage structurel sous le nom de NAIRU ( "non-accelarating-inflation rate of unployement"). Un taux de chômage inférieur au NAIRU serait générateur d'inflation (Cf le commentaire de E. Malinvaud dans le Rapport Pisani-Ferry "Plein Emploi", Documentation Française). Arme redoutable entre les mains des néo-libéraux qui ont fait de la lutte contre l'inflation le seul objectf de la Banque Centrale Européenne.
Nous avons utilisé l'apologue du chef de village comme référence au système par répartition. L'argumentation sous-jacente a été la base de la critique faite par les opposants aux doctrines neo-libérales. Selon cette argumentation, quel que soit le régime de retraite, les retraités ne peuvent vivre qu'en disposant d'une partie des richesses créées au même moment par les personnes actives. Citons un passage du livre de la Fondation Copernic: Pour reprendre la formule éclairante de Jean Cassandre, "il n'existe pas de frigo économique" et ce sont à tout instant les travailleurs actifs qui font vivre les inactifs. Ils produisent les biens et services dont la valeur est distribuée sous forme de revenus monétaires, parmi lesquels figurent les transferts sociaux et donc les retraites....Personne n'imagine un instant que l'on va, maintenant garder en conserve le blé pour le mettre sur la table des retraités en 2040,... (p.29).
L'outrance de tels propos apparaîtra immédiatement à ceux des actifs qui, pour compléter une retraite dont on s'ingenie à rendre incertain le montant, complètent leur épargne (pour les actifs les cotisations retraite sont une forme d'épargne, contairement à ce que considère la Compatibité Nationale) par l'accession à la propriété. "Au moins j'aurai un toit quand je serai vieux!". Mais il est clair que c'est là un pis aller car il n'est nullement évident que le logement acquis à 30 ans avec un prêt de 20 ans satisfasse aux besoins de logement ou d'hébergement lors le la mise à la retraite. Rappelons par ailleurs que les frais de maison de retraite sont à la charge de l'intéressé ou de sa famille.
Le Traité de Rome (Article 51) prévoit que Le Conseil...adopte dans le domaine de la Sécurité Sociale les mesures nécessaires pour l'établissement de la libre circulation de travailleurs, en instituant notamment un système permettant d'assurer aux travailleurs migrants et à leurs ayant droit:
(a) la totalisation, pour l'ouverture et le maintien du droit aux prestations, ainsi que pour le calcul de celles-ci, de toutes périodes prises en considération par les différenres législations nationales;
(b) le paiement des prestations aux personnes résidant sur les territoires des Etats membres
Pour être soumis au réglement ci-dessus les régimes doivent obligatoirement être liés à une décision des pouvoirs publics auxquels cas ils sont qualifiés de "régimes légaux de sécurité sociale". A la suite d'une déclaration au Conseil les régimes complémentares ARRRCO et AGIRC sont considérés comme des régimes légaux de sécurité sociale.
La mise en application du réglement 1408/71 a été organisée par un réglement ultérieur et précisée par la jurisprudence de la CJCE. Pour plus de détails Cf l'excellente étude de Marina Mauclaire Questions Retraite n°52 (Sept 2002)(CDC).
Il existe une excellente étude de l'OCDE sur les ressources des retraités dans 9 pays de l'OCDE (OCDE Vieillissement et revenus, 2002). Malheureusement la France ne fait pas partie des pays étudiés. Par ailleurs le bien-être relatif des retraités ne dépend pas seulement de considérations financières. Il ne suffit pas de dire que le revenu moyen des jeunes retraités rejoint maintenant le revenu des actifs âgés ou que la moyenne des revenus monétaires des retraités atteint en moyenne celle des actfs pour conclure à l'équitabilité des systèmes de retraite. En dehors des disparités de revenus monétaires, il existe des disparités considérables provenant du viellissement proprement dit (état de santé, dépendance,...) et de l'environnement (possession d'un logement, hébergement ou aide de la famille,...). Quoiqu'il en soit nous pensons que le système actuel est fortement inégalitaire Délaisssant les moyennes pour étudier les dispersions, on peut constater que ce système creuse les inégalités plutôt qu'il ne les réduit. Entre les plus riches retraités (couple de retraités disposant de 2 retraites simples, d'un appartement à Paris et d'un châlet en montagne) et les plus démunis (veuve disposant d'un retraite de réversion résidant en maison de retraite et ne sachant comment payer le supplément de 1000 francs qu'on lui impose pour cause d'incontinence) il y a un fossé que les statistiques ne reflètent pas. Nous considérerions facilement que la dispersion de revenus des retraités est double de celle des actifs. Les études dans ce domaine sont fragmentatires et peu nombreuses. Nous en retiendrons simplement que le système actuel est fortement inéquitable.
Plusieurs auteurs se sont penchés sur le problème de l'équitabilité. Nous citerons ici Florence LEGROS (directeur adjoint au CEPII) qui elle-même suit D. Blanchet dans la Lettre de l'Observatoire des retraites n° 10. On peut distinguer 3 critères:
- l'égalité instantanée correspond à un instant donné, à la parité des niveaux de vie entre les actifs et les retraités. Mais est-il justifié d'assurer cette parité entre générations ayant connu des conditions de travail et de vie différentes et qui n'ont pas la même espérance de vie? Ce critère qui ne considère que le présent, est en tout cas inopérant quand aux réformes de retraite. Il ne permet pas de trancher entre les paramètres à modifier (l'âge de la retraite par exemple)
- selon le critère d'égalité des rendements, un système de retraite est équitable si, en proportion de ce qu'elle a cotisé, chaque génération reçoit autant sur l'ensemble de sa durée de vie retraitée. Ce critère permet de justifier des scénarios à l'allemande de remplacement du fait de l'allongement de l'espérance de vie. Il permet également de justifier les comptes notionnels.
- enfin le dernier critère, celui de l'égalitarisme fort suppose une égalité stricte des conditions de vie à chaque âge des différentes générations. Ce critère est incompatible avec l'idée de croissance économique et d'amélioration des conditions de vie. Un compromis consisterait à viser l'amélioration des conditions de vie d'une génération à l'autre: en ce sens l'équité voudrait que chaque génération vive aussi bien que la précédente. Actuellement, les jeunes générations ayant des carrières salariales bien plus inconfortables que leurs aînés. Pour être équitables les systèmes de retraite devraient corriger cette inégalité.
Ce texte (ainsi que ses version ultérieures) et les liens vers les sources citées sont disponibles sur le site internet de l'auteur: http://www.kybermath.com à la rubrique "ECONOMICS".